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La notion de potabilité d’une eau (séquence 2)
Remarque
Le décret du 20 décembre 2001 « relatif à la
qualité des eaux destinées à la consommation humaine
» met en conformité avec les directives européennes
la réglementation française datant de 1989. En application
à partir du 25 décembre 2003, il modifie notamment les paramètres
de qualité des eaux, définissant ainsi 48 limites de qualité
microbiologiques et chimiques auxquelles les eaux
doivent être conformes et des références de qualité
parmi lesquelles sont repris entre autres les paramètres organoleptiques.
Potable ou pas potable ?
Le langage courant admet qu’est potable tout ce qu’on peut
boire sans être malade… Mais lorsqu’on aperçoit
« eau potable » ou « eau non potable » sur une
plaque par exemple d’une source en montagne ou d’une fontaine
d’un jardin public, la définition scientifique mérite
attention. Une eau est dite « potable » lorsqu’elle
peut être bue à raison de 2 litres par jour toute une vie
sans risque pour la santé.
Cela veut donc dire que si chacun sait que le jus d’orange peut
être bu, en aucun cas il ne peut être qualifié de «
potable » selon la définition scientifique… Buvez 2
litres par jour de jus d’orange (même d’oranges pressées)
durant toute votre vie, ne craignez-vous pas quelques conséquences
sur votre santé ?
Définition scientifique de la potabilité d’une
eau
En France, un décret du Code de la Santé Publique définit
actuellement 63 paramètres de qualité pour qu’une
eau soit propre à la consommation humaine et donc « potable
».
Cette norme fixe également des concentrations maximales ou minimales
pour tous ces paramètres. Une eau qui répond à ces
critères pourra être consommée toute la vie d’un
adulte de 70 kg à raison de 2 litres par jour. Elle n’entraînera
aucun effet néfaste sur sa santé pour des niveaux de risques
définis. Au-delà de ces valeurs fixées, l’eau
pourra être consommée dans certains cas ; le Préfet
a la responsabilité d’informer par les médias la population
concernée sur les teneurs exceptionnelles de cette eau en certains
composés. Le décret concernant les eaux destinées
à la consommation humaine réglemente également la
fréquence et le type d’analyses à effectuer en fonction
de l’origine de l’eau et du nombre de consommateurs (ou la
taille de l’agglomération desservie). Il s’applique
d’une part, à l’eau du robinet et aux eaux de source,
d’autre part aux eaux de fabrication ou de traitement utilisées
dans l’industrie alimentaire.
Les critères de potabilité d’une eau
Les critères de potabilité prennent en considération
le caractère sain de l’eau (absence de microorganismes, de
produits toxiques, de substances polluantes), mais aussi les caractéristiques
organoleptiques comme le goût, l’odeur, la turbidité.
La qualité des eaux est contrôlée par un laboratoire
agréé par le Ministère de la Santé. Les paramètres
de qualité des eaux peuvent être classés en 6 catégories
:
- les paramètres organoleptiques : couleur, turbidité, odeur,
saveur ;
- les paramètres physico-chimiques : température, pH, conductivité,
teneur en calcium, magnésium, aluminium,…
- les paramètres concernant les substances indésirables
: teneurs en nitrates, nitrites, cuivre, fluorures, hydrocarbures,…
- les paramètres concernant des substances toxiques : teneurs en
arsenic, cyanure, plomb, vanadium,…
- les paramètres microbiologiques : absence de staphylocoques,
streptocoques, salmonelles,…
- les pesticides et produits apparentés.
La plupart des eaux naturelles ne sont pas potables, parce qu’elles
ne répondent pas à l’ensemble de ces paramètres.
Pour que les enfants comprennent plus concrètement le principe
de l’analyse de la qualité des eaux, il peut être suffisant
de ne s’intéresser qu’aux seuls paramètres organoleptiques.
Ces derniers font en effet appel aux cinq sens et donc ne nécessitent
aucun matériel sophistiqué. Notons que le contrôle
de la saveur d’une eau demeure aujourd’hui le travail d’humains,
les « dégustateurs d’eau », dont la précision
des mesures n’a jusqu’ici pas pu être égalée
par des machines. À partir des quatre paramètres organoleptiques
(couleur, turbidité, odeur, saveur), il est possible de faire des
comparaisons entre la qualité d’une eau prélevée
dans la nature et celle du robinet et d’en déduire sa probable
non-potabilité. Par exemple, imaginer la comparaison entre la saveur
de l’eau de mer, la turbidité (ou trouble) et la couleur
d’une eau de mare, l’odeur d’une eau de source, et celles
de l’eau du robinet.
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